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  LE CAS EXEMPLAIRE DE L'ORGANISATION DES MAQUIS DE L'AIN

La naissance des F.U.J.

Les Forces Unies de la Jeunesse

Le rcit de Paul MORIN

MORIN Paul Louis
n le 29 juin 1924 Bourg en Bresse

Depuis ma naissance j'habite au 92 boulevard de Brou Bourg quand la guerre est dclare le 3 septembre 1939. En juin 1940 je passe le Brevet l'EPS Carriat. 1940-1941 anne prparatoire au concours d'entre l'cole Normale.
En juin 1941 je parle pour la premire fois de rsistance organise avec Jean MILLET de Chavannes sur Suran qui est en liaison avec un service anglais.

Paul MORIN (Photo Alexandre)

Reu en juin 1941 l'cole Normale, je rejoins le Lyce Lalande en seconde. Rencontre avec Marcel THENON qui achte ses livres d'occasion chez Paul PIODA. Il apporte le premier journal clandestin "Libration". Immdiatement notre dcision est prise: entrer dans la Rsistance.
Sous l'autorit de Paul PIODA, nous crons en octobre 1941 la premire sizaine "Libration" au Lyce Lalande, qui sera suivie d'une seconde puis d'une trentaine en fin d'anne (lves de seconde et premire ). Paralllement nous crons plusieurs sizaines Bourg qui deviendront avec le temps et l'quipement ncessaire de vritables petits groupes francs.

De septembre 1941 juin 1942 : distribution de tracts et journaux clandestins. La victoire de BIR HAKEIM donne un nouveau souffle la Rsistance.

Les internes de Lalande crent des sizaines dans leurs communes d'origines : Pont-de-Vaux, Nantua, Bellegarde, Oyonnax, Belley. A la rentre scolaire 1942, Marcel THENON est nomm responsable dpartemental des jeunes de Libration et je deviens officiellement son adjoint, tant bien moins libre que lui (interne au Lyce Lalande ). C'est aussi l'arrive de filles du Lyce Quinet et la cration de la premire sizaine Carriat avec mon plus jeune frre.

Octobre 1942 : Nous recevons notre premire Sten. Alors commence pour les jeunes une nouvelle activit : apprendre monter et dmonter cette mitraillette. Certains bnficient aussi d'un apprentissage utiliser les explosifs (plastic, etc...).

C'est en novembre 1942 que nous changeons de nom suite la cration des M.U.R. (Mouvements Unis de la Rsistance) Les jeunes de ces mouvements : Libration,Combat et Franc-tireur sont runis pour former les FUJ (Forces Unies de la Jeunesse). Dans l'Ain cela ne change pas grand chose car seuls les jeunes de Libration ont une organisation propre.

En octobre c'est aussi notre premire rencontre avec Henri BAILLY, un des futurs responsables nationaux de notre organisation.
Au lyce Lalande arrivent M. BOURGEOIS, Surveillant Gnral, qui aura une mort glorieuse avec la 5me Cie FUJP lors des combats du Pont de Chazey le 31 aot 1944 et Hugues BARANGE, Professeur auxiliaire,un de nos responsables nationaux (mais nous ne le savons pas) qui sera fusill dans la banlieue de Lyon en aot 1944.

11 novembre 1942 : Nous participons nombreux une manifestation silencieuse au Monument aux Morts de Bourg.

L'arrive des Allemands Bourg mobilise davantage les jeunes. On dfile dans les rues pour aller au terrain de sports en chantant Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine, encadrs par notre Prof. Marcel COCHET. Le recrutement contient plus de deux trentaines Lalande, deux sizaines Carriat, trois groupes francs en ville et des groupes disperss dans l'Ain - Journaux et tracts sont diffuss partout, certains participent des parachutages.

A la rentre de janvier 1943, la direction nationale FUJ base Lyon confirme Marcel THENON Chef Dpartemental et je suis confirm comme tant son adjoint plus spcialement charg d'un service renseignements. Ce service est au point ds le mois de mars et chaque semaine la liste de "Bons Bourgeois Bressans " qui ont rejoint "surtout le soir" les rangs du PPF (Parti Populaire Franais - de Vichy -) et de la collaboration s'allonge et Lyon est inform.

Mais en fvrier la loi sur le STO va perturber nos plans.
Il faut maintenant et en urgence aider les jeunes requis se cacher, puis leur trouver des lieux de vie scuriss. Jusque l on cache quelques jeunes recherchs par la police de Vichy dans des fermes du Bugey.
Avec le nombre, ce n'est plus suffisant et ne correspond pas ce qu'attendent ces jeunes qui veulent lutter contre l'envahisseur. Il faut crer de vritables maquis avec des encadrements. Ce sera l'affaire des adultes. Pour notre part, nous dcidons avec Marcel THENON de dtruire les fichiers d'appel au STO dont les services sont rue St Antoine Bourg. L'opration est monte avec un groupe franc des FUJ de Bourg : POBEL, les frres MARTIN, etc... deux des FUJ travaillent dans le service : BOLLON et ROY. La premire tentative est annule, la police ayant t informe. Une deuxime tentative a lieu le 21 mai 1943,mais le suppos " donneur " n'a pas t inform, l'opration russit parfaitement entre 12 heures et 13 heures et tous les fichiers sont dtruits l'aprs midi. Mais cette fois le donneur de date va donner les noms. Tous les participants sont arrts le 22 mai plus Marcel THENON le 23 mai avec qui j'avais particip l'organisation. Ayant assist sous un faux nom, je suis recherch pendant deux jours aux entres et sorties du lyce Lalande - mais je suis interne.

La direction des FUJ Lyon est informe, mais la veille du bac je reste Bourg o je remplace Marcel THENON la tte des FUJ de l'AIN - Mais on m'informe qu'au cours des vacances, je rejoindrai Prigueux, sous un faux nom pour remplacer le responsable FUJ qui vient d'tre arrt.

16 et 17 juin : preuves du bac
Le 18 juin au matin j'apprends par Marcel COCHET notre Prof. de Gymnastique que la police spciale de Lyon est Bourg et plus spcialement Carriat. A midi en rentrant chez mes parents boulevard de Brou, la police m'attend. Elle a cach sa voiture rue Bara. Emmen au commissariat de police en attendant d'tre interrog, j'apprends par un garde que j'ai t dnonc par HOUPPERT (dit COBRA pendant son passage aux maquis de l'Ain) un jeune de Carriat qui est un fervent des FUJ.

Les bressans apprendront 13 mois plus tard qu'il est un agent de renseignement allemand.
Aprs jugement, il sera fusill par les maquisards de l'Ain.

A cette poque, en juin 1943, les FUJ comptent environ 400 membres dont une centaine au Lyce Lalande. Ceux de Bourg formeront la 5me Cie FUJP des maquis de l'Ain, les autres rejoindront des units proches de leurs domiciles en juin 1944.
Devant le juge d'instruction je nie mon appartenance la rsistance organise et reconnais avoir donn HOUPPERT un journal et un tract que j'avais trouvs. - idem devant la commission spciale de Lyon la Prfecture, malgr les coups et tortures.

Marcel COCHET est arrt vers 14 heures. Il me rejoint au commissariat. On lui reproche ses attaches avec PIODA qui a t arrt quelques semaines avant et envoy comme Intern Administratif St Paul d'Eygeaux. Le 19 juin les interrogatoires continuent toute la journe. Le dimanche 20 juin midi j'apprends par un garde que le juge d'instruction aurait demand ma remise en libert. A 18 heures on m'annonce que le prfet de l'Ain s'y oppose.
Lundi 21 juin je retourne au parquet, je reviens midi au commissariat. A 15 heures, transfr au palais de justice, j'attends ... 16h45 de nouveau au cabinet du juge qui m'annonce ma remise en libert en attendant le jugement. Retour au Commissariat et 19 heures j'arrive pied chez mes parents Boulevard de Brou, surpris mais heureux.

Le 22 au matin, Lyon m'informe que dans les 48 heures j'aurai ma fausse carte d'identit accompagne de ma feuille de route.

A 16h15, je suis de nouveau arrt sur ordre du prfet pour tre envoy au camp de St Paul d'Eygeaux, avec Marcel COCHET. Le dpart sera repouss plusieurs fois.

Le 23 juin 16 heures le parquet notifie Marcel COCHET et moi-mme notre arrestation et notre incarcration la prison de Bourg. La suite sera, toujours avec Marcel COCHET, une tentative d'vasion avec l'aide du Dr Gustave LEGER mais qui sera annule - notre transfert la prison St Paul Lyon - notre condamnation dans deux affaires distinctes par le tribunal spcial de Lyon - notre transfert en dcembre la centrale d'Eysses - notre participation active la tentative d'vasion de toute la centrale le 17 fvrier 1944 o je suis agent de liaison du Lieutenant NEES - puis notre transfert Compigne - enfin le 18 juin 1944 notre dpart pour Dachau et ensuite notre affectation au Kommando d'ALLACH d'o je partirai, quelques jours aprs la libration du camp pour rejoindre la 2me D.B ( 40me RANA ) et mon retour Bourg en Bresse le 22 mai 1945.

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