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  LA REPRESSION ALLEMANDE

Les Oprations d'avril 1944

Avril 1944, sur tous les fronts, dans tous les ciels de guerre, la lutte s'intensifie, l'offensive est proche.

La neige peu peu s'est dissipe, dans les chanes de montagne du Haut-Jura au Bugey, les premires feuilles annoncent ce printemps de la libration.
A travers la tourmente de fvrier, le maquis de l'Ain a subsist, maintenant il prend une part de plus en plus active aux oprations de sabotage prvues par l'Etat-Major interalli. Partout dans la rgion les voies sont coupes, les locomotives mises hors de service. Les parachutages se succdent une cadence jamais encore atteinte.

Parachutage sur la plaine d'Echallon
Le groupement nord, sous les ordres de Nol PERROTOT (MONTREAL), n'a pas un instant cess son activit. Surmontant ses deuils, le groupement sud s'est rorganis rapidement sous l'impulsion d'Henri GIROUSSE (CHABOT).
Dans tous les camps, comme celui d'APPRIOU (ROLLAND), de nouvelles recrues arrivent. Malgr ses discours et sa propagande, l'ennemi doit constater que la rsistance dans l'Ain n'a pas t abattue.

Ds les premires semaines de mars, les troupes serviles du maintien de l'ordre de Vichy montent l'assaut. Svrement dfaites, elles ne tardent pas abandonner.
Devant cet chec, les Allemands, en cette priode cruciale, n'hsitent pas soustraire de nombreux effectifs pour engager de nouvelles oprations contre ce maquis de l'Ain qu'ils ne peuvent terrasser.
Le 7 avril au matin, toute la rgion d'Oyonnax et le sud du dpartement du Jura sont encercls.
Mais forts de l'exprience acquise par leurs victoires sur les miliciens et G. M. R., les hommes de Georges BENA (MICHEL), de Marcel APPRIOU (ROLAND), de Charles BLETEL, ont adopt une nouvelle tactique.
Plus de batailles ranges, les maquis dcrochent pour revenir, par surprise, sur les arrires de l'ennemi.
Bien que perdus dans la nature, dpourvus bientt de tout ravitaillement, souffrant du froid, de la faim, les hommes de MONTREAL harclent la Wehrmacht, lui inflige de terribles pertes.

Une fois encore, la population va tre l'objet de la rage impuissante de l'occupant. Des patriotes sont fusills. Tandis qu'Oyonnax vit nouveau des heures d'angoisse, Racouze, Chougeat, La Rivoire, Vernon, Siges brlent. Ce dernier village devait tre le thtre de l'pisode le plus terrible de cette rpression.

Le premier jour des oprations se trouvait au P. C. le Lieutenant Elyse DARTHENAY, jeune et magnifique St-Cyrien, venu se joindre au groupement nord depuis deux mois, aprs une vasion mouvemente d'Allemagne. Ce chef avait su s'imposer rapidement par sa vaillance et sa bont. Aussi ne pouvait-il admettre de ne pas se trouver avec ses soldats pour les guider et partager leurs dangers. Refusant d'couter les exhortations de ses camarades, il dcide de regagner la zone du combat, emmenant avec lui un agent de liaison, Andr BESILLON la figure trs douce d'adolescent : il vient d'avoir dix-sept ans.
Apprhends Oyonnax, muets et mprisants sous les coups, tous deux sont transports Siges vers leur tragique destin.
Dans le dcor hallucinant d'une nuit illumine par les brasiers, alors que les paysans peine vtus sont sauvagement chasss de leur demeure, ils sont enferms avec trois autres dans une bergerie isole.
Pendant de longues heures, ils vont subir les tortures les plus atroces.

Lorsque le jour se lvera sur le hameau en ruines, la sinistre bergerie ne sera plus qu'une vision d'horreur, sur le sol clabouss de sang, gisent les corps de DARTHENAY et de ses malheureux compagnons presque nus, la chair en lambeaux.

Au souvenir de ces martyrs, il est impossible de ne pas associer celui du Lieutenant Paul DE VANSSAY. Prisonnier vad, il a su par son sens des responsabilits, sa puret, s'attirer sans rserve la confiance de ses hommes.
Le 8 avril, il commande une patrouille de vingt-et-un hommes sur la route de Bellegarde Nantua. Ayant atteint le territoire de Montanges, il dcide d'occuper un emplacement surplombant la route pour y tendre une embuscade.

Au moment prcis o il donne l'ordre son groupe de gagner cette position, les Allemands qui dj l'occupent et s'y dissimulent, ouvrent le feu. Sa situation ainsi renverse est sans issue, le groupe, dcouvert, va tre ananti par un ennemi nombreux qui le domine et l'crase.
Pourtant DE VANSSAY fait face; l'unique fusil mitrailleur des ntres crache rageusement. Bientt l'arme s'arrte, son servant tu net. DE VANSSAY le remplace aussitt, mais autour de lui ses camarades succombent, broys par les rafales de projectiles.

DE VANSSAY, cribl de balles et d'clats, est lui-mme affreusement mutil. Sans cesser de tirer, les Allemands s'approchent et le cernent, ainsi que les quelques blesss, survivant encore. L'heure du sacrifice suprme a sonn, mais DE VANSSAY possde sur lui des papiers compromettants pour la scurit des autres sections. Surmontant sa souffrance, rsistant l'vanouissement qui le guette, l'hmorragie qui l'puise, agonisant, il rassemble ses dernires forces, et avale ses papiers dchirs, emportant, comme DARTHENAY, son secret avant d'expirer au milieu de ses vingt camarades tus au cours de cet ingal combat.

La Voix du Maquis

Parachutage des 36 forteresses volantes (photo Marc Guy juillet 1944)

Prparation d'un parachutage (Retord septembre 1943) Photo Pierre Marcault

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