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  LA REPRESSION ALLEMANDE

Opration Caporal du 05 au 13 fvrier 1944

Depuis prs d'un an, les maquis de l'Ain ont fait du Valromey et du plateau d'Hauteville aux villages accueillants le centre du groupement sud que commandera Henri GIROUSSE (CHABOT)
Depuis quelques jours, toutefois, des renseignements inquitants parviennent, de nombreuses forces ennemies se concentrent dans la rgion.
Brusquement, dans l'aprs-midi du 2 fvrier, le drame clate : un important contingent d'Allemands se dirigeant sur la Haute-Savoie par le col de la Rochette se heurte Ruffieu un groupe des maquis de Pr-carr et de Morez qui les oblige bientt battre en retraite, avec des morts et des blesss.

Vue arienne de la Ferme de la Montage (Photo : Marius ROCHE)
Tandis qu' Hotonnes, les habitants font d'mouvantes obsques sept des ntres, pour la plupart sauvagement achevs coups de crosses et de baonnettes, la neige lentement commence tomber.
Ds l'aube du 5, des camions dversent des troupes, les villes du Bugey sont en tat de sige.
Sur les routes, autos-mitrailleuses, motos, camions, troupes alpines en blanc, uniformes verts patrouillent. L'aviation allemande apporte son soutien aux troupes au sol.
A onze heures, dans la tourmente, les dix-huit hommes du groupe franc MARCAULT accrochent 200 Allemands sur la crte du Rut, au-dessus de Lacoux.
Partout des combats, et les maquis infrieurs en nombre et en armes, s'efforcent de passer travers le filet qui se referme.
C'est la retraite puisante, avec les blesss, sous un ciel lourd d'hiver o montent des fumes noires d'incendie.

Attaqus au Molard, prs de Brnod, les hommes du P.C. dpartemental du capitaine ROMANS-PETIT et de la mission interallie se replient en direction de Lantenay o ils passeront la nuit dans une grange offerte par un habitant.
Aprs cette halte nocturne, le groupe se rfugie dans une grange Machurieux. A 4 heures du matin, GIROUSSE retrouve le groupe et le conduit en direction de la ferme de la Montagne, aprs une halte la ferme de la grange de Faysse o les hommes se ravitaillent de quelques vivres.
La stratgie des maquisards est de rejoindre la Dombes o s'installera le PC du Capitaine ROMANS PETIT.

Autour d'eux, les boches s'acharnent sur la population, brlent, pillent, dportent et fusillent les rsistants; Marius CHAVANT, TURC, JUHEM, ESCANDE, les frres BERNE-GROBAS sont parmi les fusills.

Le 8, vers midi, ils atteignent la ferme de la Montagne, isole dans les bois de l'Abergement-de-Varey. Les voici aux termes de ce cauchemar, dans la nuit ils laisseront dernire eux l zone encercle, les longues tapes forces dans la nature hostile o chaque pas cachait une embche, annonait un danger.

Ils sont l, vingt-deux, venus de toute la France pour reprendre le combat. Parmi eux se trouvent leur chef, le Lieutenant Andr LAMBLOT (MAXIME), le Lieutenant Henri GIROUSSE (CHABOT), commandant le groupement sud, et un capitaine amricain Owen Denis JOHNSON (PAUL), dpos en France pour accomplir sa mission auprs de la rsistance.

Ivres de fatigue, ils se reposent sur le sol, gotant les premiers moments d'une bienheureuse dtente.
Soudain, CHABOT et MAXIME, sortis pour installer la garde de protection de la ferme, arrivent en criant. Une seconde de stupeur, mais il faut se rendre l'vidence, la ferme est dj cerne par 250 Allemands suprieurement arms, par les fentres on aperoit leurs casques et leurs capotes vertes. Ils sont l, qui grouillent une centaine de mtres, accompagns de 2 civils miliciens franais et Klaus BARBIE (chef de la rpression allemande).

Aussitt, une lutte sauvage et impitoyable s'engage, l'treinte de l'ennemi se resserre, il va falloir abandonner la ferme htivement transforme en fortin, dont la toiture est en flammes. Une seule issue, la charge hroque, sans espoir, un contre dix.


PAUL, l'Amricain, ouvre la porte et lance deux grenades, l'assaillant recule et dans la fume, les ntres s'lancent.
Hlas, il leur faut parcourir un long espace sous les feux croiss des armes automatiques.
Fauchs par les rafales vont tomber Julien ROCHE, un des pionniers de I`Ecole des Cadres des Gorges, venu au maquis de l'Ain ds les premires heures, Louis TANGUY dit LESOMBRE, PALISSON, MARMIER, FOUGERAS, ARBARETTAZ, DACHAUD; Georges PERRIN dit TINTIN, le sympathique cuisinier, s'est croul sur le seuil de la porte, LABONNE (CLERC) et trois autres vont prir carboniss sous les dcombres fumants du btiment croul. Le fermier Lonard ELLENA est fusill.


Voici enfin le miracle inespr, une nappe paisse de brouillard couvre subitement le champ de bataille, aveugle les combattants et permet aux survivants des ntres, onze sur vingt-deux, de gagner les bois proches qui les absorbent.
Les Allemands, leur commandant tu ainsi qu'un adjudant et un troisime bless gravement, se retirent. Le calme revenu, la brume de la nuit tombe lourdement sur le paysage dsol...
Au cours des jours suivants, alors que les corps de ces hros taient encore couchs sur la neige ensanglante, la radio de Londres citait ce fait d'armes qui demeurera comme l'un des plus glorieux de la lutte contre l'occupant, sur le sol mme de la France.

La Voix du Maquis

Rcit le l'attaque de la ferme de la montagne le 8 fev. 1944
par Owen Denis JOHNSON

Rsistant fusill

Ferme du Rut Lacoux en 1943, dtruite en 1944 par les Allemands

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